
À l’approche de la saison des pluies, l’inquiétude grandit dans la province du Sila, à l’est du Tchad. Comme chaque année, les habitants redoutent l’isolement provoqué par la dégradation de l’axe routier reliant Abéché à Goz Beïda, long d’environ 211 kilomètres.
Si cette distance peut être parcourue en quelques heures durant la saison sèche, elle devient un véritable parcours du combattant dès les premières fortes précipitations. Bourbiers, ouadis en crue et portions de route fortement endommagées rendent la circulation extrêmement difficile. Dans certains cas, le trajet peut durer deux à trois jours, avec des véhicules immobilisés pendant de longues heures, voire plusieurs jours.
Cette situation a des répercussions importantes sur la vie quotidienne des populations. Les commerçants éprouvent d’énormes difficultés à acheminer leurs marchandises, entraînant une hausse des prix sur les marchés. Les malades, les femmes enceintes et les personnes en situation d’urgence voient également leur accès aux structures sanitaires compromis. Les organisations humanitaires, très présentes dans cette région qui accueille des réfugiés et des déplacés, font elles aussi face à de sérieux défis logistiques.
Pour de nombreux habitants, cette route constitue le principal lien entre le Sila et le reste du pays. Son impraticabilité saisonnière accentue l’enclavement de la province et freine les activités économiques ainsi que l’accès aux services essentiels.
À quelques jours de l’installation des pluies, les populations espèrent des mesures rapides des autorités afin de limiter les conséquences de cette situation récurrente. En attendant d’éventuels travaux d’aménagement, beaucoup se préparent une nouvelle fois à affronter plusieurs mois de difficultés, dans l’espoir que cette saison ne soit pas plus éprouvante que les précédentes.
AMA Mahamat Ibrahim