En réponse à la condamnation de huit membres du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) ont saisi trois procédures spéciales des Nations unies. Ces organisations dénoncent des violations graves des droits fondamentaux au Tchad, notamment la liberté d’expression, le droit de réunion pacifique et le droit à un procès équitable.

Le 8 mai dernier, le Tribunal de grande instance de N’Djamena a prononcé une peine de huit ans d’emprisonnement et une amende de 500 000 FCFA pour chacun des huit responsables du GCAP, les accusant de rébellion, de mouvement insurrectionnel et de détention illégale d’armes. Ces poursuites interviennent après l’annonce d’une marche pacifique prévue par le GCAP pour dénoncer des restrictions croissantes des libertés publiques, qui ont été renforcées depuis la réélection de Mahamat Idriss Déby en mai 2024, dit Me Adoum Boukar Mahamat, président de la LTDH. Il a dénoncé des arrestations arbitraires et des violations des droits à un procès équitable. Les procédures judiciaires auraient été entachées d’irrégularités, notamment le refus d’accès aux avocats et à la presse lors des audiences.

Selon lui, depuis la réélection de Mahamat Idriss Déby Itno, le climat politique s’est détérioré, avec une intensification des «restrictions» contre les «voix critiques». Les organisations de droits humains évoquent plusieurs incidents, notamment la condamnation de l’opposant Succès Masra et la déchéance de nationalité du journaliste Makaila Nguebla, signalant un schéma systématique de répression des opinions dissidentes.

L’OMCT et la LTDH soulignent que des mécanismes des Nations unies ont déjà exprimé des préoccupations concernant ces violations des libertés fondamentales et le recours excessif à la force par les autorités.

Adoum Noël

Partagez sur