Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affiché une position sans ambiguïté sur la guerre en Ukraine. Invité de France Info, jeudi 19 juin, le chef de la diplomatie française a estimé que le président russe Vladimir Poutine avait « déjà perdu la guerre » face à Kiev, malgré la poursuite des combats.

Pour Jean-Noël Barrot, les objectifs initiaux du Kremlin ont échoué. « Il voulait faire tomber l’Ukraine en trois jours », a-t-il rappelé, soulignant que plus de quatre ans après le début du conflit, la Russie n’a pas atteint ses ambitions. Selon lui, Moscou continue de subir de lourdes pertes humaines sur le front, tandis que l’Ukraine reprend progressivement l’initiative, notamment grâce à sa capacité à mener des frappes de drones jusque sur le territoire russe.

Le ministre a également répondu aux critiques de certains responsables politiques français. Sans détour, il a visé Jean-Luc Mélenchon, qu’il accuse de ne pas dénoncer suffisamment les attaques russes contre les civils ukrainiens tout en critiquant les ripostes de Kiev. Pour Jean-Noël Barrot, la responsabilité du conflit incombe au Kremlin, qu’il qualifie de puissance engagée dans une « guerre coloniale et impérialiste ».

Au-delà du dossier ukrainien, le ministre est longuement revenu sur la situation explosive au Moyen-Orient. Il a défendu le protocole d’accord récemment signé entre les États-Unis et l’Iran, estimant qu’il constituait la seule alternative crédible à une poursuite de l’escalade militaire. Selon lui, la priorité est désormais de garantir la réouverture du détroit d’Ormuz, d’assurer la liberté de navigation et de faire respecter un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts.

Jean-Noël Barrot a toutefois insisté sur la nécessité d’obtenir de « concessions radicales » de la part de Téhéran. Il a cité le contrôle du programme nucléaire iranien, la limitation des capacités balistiques ainsi que la fin du soutien aux groupes armés régionaux, notamment le Hamas, le Hezbollah et les Houthis. Il a également rappelé que la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, jouera un rôle déterminant dans toute éventuelle levée des sanctions internationales.

Concernant le Liban, le chef de la diplomatie française a appelé Israël et le Hezbollah à respecter strictement les engagements de cessez-le-feu. Paris se dit prêt à poursuivre son soutien aux autorités libanaises, notamment pour renforcer les capacités de l’armée nationale et accompagner une éventuelle reconfiguration de la présence internationale après la fin de la mission de la FINUL.

Enfin, Jean-Noël Barrot a réaffirmé le soutien de la France à la société civile iranienne, annonçant l’ouverture prochaine d’une plateforme destinée aux artistes iraniens en exil, tout en affirmant distinguer le peuple iranien de son régime.

AMA Mahamat Ibrahim

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