Dans une déclaration faite samedi, le président du parti Les Transformateurs, Dr Succès Masra, a évoqué une gestion du pays qui se diviserait entre 50 % de chrétiens et 50 % de musulmans, insinuant une représentation basée sur des « critères religieux ». Cette proposition a suscité une réaction forte de la part du président du Mouvement pour l’Unité et le Renouveau (MUR) Saleh Bourma Ali, qui a lancé un appel à la nation pour promouvoir une vision d’unité nationale.

Saleh Bourma Ali a mis en garde contre les dangers d’une telle approche, soulignant que la fragmentation des identités religieuses, culturelles et régionales pourrait engendrer des rivalités destructrices. Pour lui, chaque tchadien, qu’il soit chrétien, musulman ou non croyant, doit être perçu comme un citoyen à part entière, un acteur essentiel dans la construction d’une nation unie.

Il s’est opposé à l’idée d’institutionnaliser des divisions religieuses ou régionales dans la gestion des affaires publiques, affirmant que le Tchad devrait être dirigé sur des bases de compétence et d’égalité des chances. « La religion ne doit pas devenir un chemin vers le pouvoir », a-t-il martelé, appelant à ne pas transformer l’appartenance communautaire en une arme politique.

Le président du MUR a également exprimé sa gratitude au Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, pour sa décision de gracier certains acteurs politiques, considérant cela comme une chance de renforcer le dialogue et la réconciliation nationale. Il a encouragé ceux qui bénéficient de cette grâce à agir avec responsabilité pour contribuer à la construction d’un État stable et uni.

Dans son message, Saleh Bourma Ali a rappelé que le véritable combat à mener est contre la pauvreté, l’ignorance et la corruption, plutôt que contre d’autres communautés ou régions. Il a appelé à une mobilisation collective pour préserver la vie humaine et respecter les droits de chacun, indépendamment de leur origine ou de leurs croyances.

L’avenir du Tchad, selon lui, repose sur la capacité de ses citoyens à surmonter leurs querelles internes et à se concentrer sur des valeurs telles que l’honnêteté, le respect et la tolérance. « Ne faisons jamais sentir à notre frère tchadien qu’il est inférieur », a-t-il insisté, soulignant que le Tchad est plus grand que les individus et que les divisions ne devraient pas avoir leur place dans la construction nationale.

Enfin, Saleh Bourma Ali a lancé un appel à tous les tchadiens à rejeter les discours de division et à œuvrer pour une nation qui prône l’unité et la solidarité. Sa vision est claire, « le Tchad d’abord », doit avancer ensemble, au-delà des clivages religieux et communautaires, pour un avenir meilleur.

Adoum Noël

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