L’auteur de l’autobiographie « Abou Ceinture », Makaïla Acyl Ahmat Aghabach, a réagi au report de la cérémonie de présentation de son livre, initialement prévue à l’Office National des Médias et de l’Audiovisuel (ONAMA) après un premier report au centre culturel Al-Mouna. Ce décalage, attribué à des « difficultés techniques et logistiques », suscite chez l’auteur un sentiment de frustration, non pas à cause du report lui-même, mais en raison des polémiques qui entourent son ouvrage.

« Ce qui me peine le plus, ce n’est pas le report de la cérémonie, mais les incompréhensions qui entourent un ouvrage dont le seul objectif est de préserver la mémoire d’un homme », a-t-il déclaré, précisant qu’« Abou Ceinture » n’est pas un livre politique, mais la biographie de son père, feu Acyl Ahmat Aghabach, un homme politique engagé. Pour Makaïla, cet ouvrage est un hommage filial et un devoir de mémoire.

S’exprimant sur les raisons de la controverse, il a souligné que son droit à raconter l’histoire de son père ne devrait pas être remis en question. « Pourquoi ce qui est accepté pour les autres deviendrait-il un problème lorsqu’il s’agit du fils d’Acyl ? » s’est-il demandé. Il a rappelé que l’histoire du Tchad appartient à tous et que tenter d’en effacer des pans revient à appauvrir le patrimoine national.

Makaïla Acyl Ahmat Aghabach a également mis en avant ses racines diverses, se déclarant fier d’être le fils d’un père nordiste et d’une mère sudiste. Cette double appartenance, pour lui, est un symbole de la richesse et de la diversité qui caractérisent le Tchad. « Notre pays a besoin de cohésion sociale, de dialogue et de réconciliation, non de divisions artificielles », a-t-il insisté. Concernant les rumeurs d’une prétendue lutte pour le leadership au sein de sa famille, Makaïla a démenti ces allégations, affirmant que ceux qui les propagent se trompent de bataille.

Malgré le report, l’auteur assure que la vocation de son livre reste intacte. « On peut reporter une cérémonie, mais on ne peut pas faire disparaître un livre. Une œuvre publiée continue de vivre, et l’histoire finit toujours par trouver son chemin », a-t-il conclu. Une nouvelle date pour la présentation sera annoncée en temps voulu, mais l’engagement de Makaïla envers la mémoire de son père et l’histoire du Tchad demeure inébranlable.

Adoum Noël

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