Ce 13 Janvier 2026, le campus de Toukra, a accueilli une conférence-débat sur le thème, « l’archéologie, une carrière d’avenir pour les étudiants tchadiens ». Organisée par les doctorants en Archéologie de l’université de N’Djamena, cette rencontre a rassemblé des universitaires, plusieurs étudiants et des passionnés de cette discipline, tous désireux d’explorer les opportunités offertes par ce domaine fascinant.

La conférence-débat est placée sous la responsabilité de laboratoire des sciences historiques, d’Archéologie et du patrimoine (LaSHAP). Le panel de cet échange est composé des trois doctorants à savoir, M. Mbaïhondoum Pierrot, Mme Mariam Issa Nassour et Mme Milamem Ngaandanbé Sephora. La modération est assurée par Dr Abakar Abanga.

M. Mbaïhondoum Pierrot relève que l’archéologue ne se contente pas de regarder les outils, « il les observe, les classe, les compare ensuite les interprètes afin de savoir comment vivaient les populations qui ont vécu à travers ses outils », dit-il. Pour lui, « L’archéologie est fondamentalement basée sur l’inter- disciplinarité parce qu’elle fait appel à d’autres sciences ». Le paneliste a également cité les différentes branches de l’archéologie parmi lesquelles l’archéologie  préhistorique, protohistorique, historique et contemporaine. Il explique, tout objet découvert sur le sol peut être considéré comme un vestige archéologique. Car chaque artefact, quel qu’il soit, recèle une partie de l’histoire humaine et offre un éclairage précieux sur les civilisations passées. Qu’il s’agisse d’outils, de céramiques, ou d’autres éléments matériels, ces objets ont le potentiel de révéler des aspects significatifs des modes de vie, des croyances et des échanges culturels de nos ancêtres, a-t-il ajouté, poursuivant que leur étude permet d’enrichir la compréhension du passé et d’appréhender les dynamiques qui ont façonné le monde actuel.

Mme Mariam Issa Nassour souligne qu’à l’échelle nationale comme internationale, l’archéologie offre des opportunités professionnelles variées. Ces opportunités sont aujourd’hui renforcées par l’urbanisation rapide, les grands projets d’infrastructures, ainsi que par les outils numériques qui transforment en profondeur les pratiques du métier. Les débouchés concernent aussi bien les secteurs public, privés qu’internationaux. «Au Tchad, un pays riche en sites archéologiques, cette discipline pourrait non seulement contribuer à la préservation du patrimoine culturel mais aussi offrir de nouvelles perspectives de carrière aux jeunes diplômés dans le futur», a-t-elle expliqué. Elle poursuit, l’archéologie n’est ni un luxe, ni une discipline marginale réservée à quelques spécialistes, c’est une science utile, concrète, profondément liée aux réalités du présent. Elle intervient là où se construisent les routes, les villes, les barrages, les projets énergétiques, là où se pose la question de la mémoire, de l’identité et du développement durable, a ajouté la paneliste.

Selon Mme Milamem Ngaandanbé Sephora, l’archéologie joue un rôle fondamental dans la construction de la mémoire collective. Elle permet à une nation de se construire, raconte une histoire plurielle, permettant de valoriser les traditions et les techniques anciennes notamment la métallurgie du fer. Sur le plan économique, l’archéologie génère des emplois directs et indirects notamment dans le domaine artisanal, touristique… Selon elle, au niveau diplomatique, dans des nombreux pays d’Afrique, elle devient un outil diplomatique discret mais efficace. «Choisir l’archéologie c’est choisir une discipline moderne qui ne regarde pas seulement vers le passé mais qui construit l’avenir», a-t-elle laissé entendre.

La conférence a également été l’occasion d’écouter des témoignages des enseignants chercheurs en archéologie. S’en est suivi par des séries de questions des participants. En dépit des obstacles, les perspectives d’avenir pour les étudiants tchadiens intéressés par l’archéologie semblent encourageantes.

Adoum Noël

Partagez sur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *