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Le 20 août 2022, il y a exactement deux ans, s’ouvrait à N’Djamena les assises du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS), réunissant 1400 participants de diverses obédiences et tendances. Conçues comme un tremplin vers la réconciliation nationale et la refondation du Tchad, ces assises ont suscité de grands espoirs. Deux ans plus tard, ces espoirs semblent s’enliser dans un marasme politique et social. Que reste-t-il de cette grande promesse de réconciliation nationale et de refondation du Tchad ? Chronique.

Le DNIS a été une opportunité pour réconcilier les tchadiens, bien que certains acteurs politiques et de la société civile aient été sceptiques quant à son caractère inclusif et ses objectifs inavoués. Le temps leur a-t-il donné raison ? Aujourd’hui, il semble que oui.

Deux ans après ce fameux dialogue dit inclusif et souverain, les vieilles méthodes et les dérives du pouvoir n’ont pas changé, elles se sont même aggravées. Le recul démocratique est évident, et socialement, les tchadiens sont asphyxiés par une cherté de vie incontrôlable.

Recul démocratique

Dix jours après les assises et la prestation de serment, une manifestation a eu lieu le 20 octobre 2022, un tournant tragique. Ce jour-là, des centaines de tchadiens ont perdu la vie lors de cette manifestations qui ont tourné au carnage, avec des personnes disparues et d’autres déportées à la prison de Koro Toro. Ce bilan lourd en vies humaines est une tâche indélébile sur la promesse de paix et de réconciliation que le Dialogue devait incarner.

L’assassinat de Yaya Dillo, farouche opposant politique, le 28 février 2024, constitue un autre épisode sombre de ces deux années. Cet acte de violence extrême marque une étape inquiétante dans la répression de l’opposition politique au Tchad. Les libertés d’expression et de manifestation sont sérieusement restreintes, et les manifestations de l’opposition sont interdites. Les arrestations et interpellations se multiplient, touchant non seulement les journalistes, mais aussi des leaders religieux et d’opinion tels que Larry et l’Abbé Madou. Cette répression étouffe tout espoir de débat public ouvert et pluraliste, essentiel à tout processus démocratique.

Situation sociale alarmante

Sur le plan social, la situation est tout aussi alarmante. La vie quotidienne des tchadiens est marquée par une flambée des prix qui pèse lourdement sur les ménages. Le coût des denrées de base ne cesse d’augmenter, exacerbant les difficultés pour les familles déjà éprouvées. À cela s’ajoute la hausse du prix du carburant, qui impacte non seulement les transports, mais aussi le prix des biens et services essentiels. Cette inflation galopante, couplée à une stagnation des revenus, plonge une grande partie de la population dans une précarité croissante, creusant davantage le fossé entre les promesses de réformes sociales et la réalité vécue par les citoyens.

Alors que le DNIS a atteint ses deux ans, je peux dire que bilan est sombre. Loin de réconcilier et de refonder, il semble avoir plongé le Tchad dans une nouvelle ère de troubles et d’incertitudes. Pour de nombreux tchadiens, l’espoir d’une paix durable et d’une démocratie réelle reste une promesse non tenue, reléguée aux oubliettes par des événements tragiques et des politiques répressives.

Abderamane Moussa Amadaye

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