
La saison des pluies de cette année inquiète les habitants de la province du Guéra, où l’irrégularité et la raréfaction des précipitations menacent les activités agricoles et pastorales. Alors que les cultures et le bétail constituent les piliers de l’économie locale voire nationale, les conséquences de ce phénomène climatique se font déjà sentir en plein mois d’août. Reportage
Dans un entretien avec TV5MONDE, Dr Al-hamndou Dorsouma, chef de la division du climat à la Banque africaine de développement, a mis en lumière les impacts du retour d’El Niño sur le continent africain en général et dans le Sahel en particulier. Ce phénomène pourrait entraîner sécheresses, inondations et pertes agricoles, avec un coût économique d’environ 20 milliards de dollars pour l’Afrique, dit-il.
Pour les communautés rurales du Guéra, l’impact est palpable. À la mi-août, période cruciale pour les cultures, les producteurs constatent des plants de mil fragiles, leur développement étant désormais tributaire des pluies. Cette situation suscite de vives inquiétudes, alors que les éleveurs font face à une diminution des ressources en eau, mettant en péril l’alimentation et l’abreuvement de leur bétail.
En réponse à cette crise, les populations recourent à la solidarité communautaire. Des prières collectives, tant musulmanes que chrétiennes, ont été organisées pour implorer le retour de la pluie. Ces initiatives, bien que symboliques, ne suffisent pas à apporter des solutions durables.
Les actions à long terme, comme la plantation d’arbres et la protection de l’environnement, sont essentielles, mais les besoins immédiats des populations doivent également être pris en compte. Des stratégies d’adaptation doivent être renforcées parmi lesquelles, les techniques agricoles améliorées, utilisation de variétés résistantes à la sécheresse, meilleure gestion de l’eau et accompagnement des éleveurs.
Les services techniques de l’État, notamment ceux de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement, ont un rôle important à jouer, celui d’anticiper les périodes de déficit pluviométrique et accompagner les communautés avant que les conséquences ne deviennent plus graves.
La sécheresse ne doit pas être vue comme une crise isolée, mais plutôt comme un appel à renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques. Pour la province du Guéra, l’enjeu est de répondre aux défis immédiats tout en préparant les populations à un avenir incertain.
La combinaison de la science, des savoirs locaux et des politiques publiques est nécessaire. Si la plantation d’arbres peut être une solution à long terme, des réponses concrètes doivent être apportées maintenant pour protéger les cultures et sécuriser les moyens de subsistance des populations rurales.
Idriss Mamadou Brahim