
À l’occasion de la journée internationale Nelson Mandela, la CASCIDHO, accompagnée de 48 associations africaines et internationales, a lancé un appel urgent à la préservation de l’héritage de Mandela. Cette initiative, portée par la RADDHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme), vise à dénoncer la montée de la xénophobie en Afrique du Sud.
L’Assemblée générale des Nations Unies a institué cette journée le 10 novembre 2009, coïncidant avec la Conférence d’examen de Durban à Genève. Les organisations participantes ont souligné le rôle clé de l’Afrique du Sud dans la lutte contre la xénophobie, le racisme et la discrimination raciale, un combat qui a pris racine dans les résolutions adoptées lors de la Déclaration de Durban en 2001.
L’Afrique du Sud, autrefois perçue comme un eldorado par de nombreux Africains en quête de meilleures opportunités, a sombré depuis 2008 dans des vagues de violences xénophobes. Des épisodes tragiques en 2015, 2016 et 2019 ont coûté la vie à plus de soixante personnes. Aujourd’hui, un sondage révèle que 42 % des Sud-Africains se disent opposés à toute forme d’immigration.
Malgré une population étrangère de 3 millions d’habitants, représentant 5,4 % de la population, la xénophobie demeure rampante. Pendant ce temps, les Européens et les Asiatiques continuent d’émigrer en Afrique du Sud sans entrave, ce qui soulève des questions sur l’équité du traitement réservé aux immigrants.
Les organisations signataires ont exprimé leur indignation face aux violences xénophobes et à l’inaction des autorités sud-africaines. Elles demandent une enquête indépendante sur ces violences, la poursuite des responsables, ainsi qu’un appel à la responsabilité des leaders politiques et des médias pour promouvoir la cohésion et la paix.
« Nous exhortons les États africains à créer un environnement propice à la négociation diplomatique pour garantir la sécurité de leurs ressortissants », ont déclaré les organisations. L’appel réaffirme également l’importance du respect des droits humains, de l’intégration africaine et de la libre circulation des personnes.
L’héritage de Nelson Mandela, symbole de lutte pour la liberté et la dignité humaine, est aujourd’hui menacé par des violences xénophobes qui rappellent les pires heures de l’apartheid. Face à cette réalité, les associations soulignent qu’il est urgent d’agir pour préserver les valeurs de tolérance et de respect mutuel qui étaient au cœur du combat de Mandela. La mobilisation collective est essentielle pour bâtir un avenir où chaque citoyen, qu’il soit autochtone ou étranger, puisse vivre en paix et en sécurité.

Adoum Noël