Selon le dernier rapport de Reporters sans frontières (RSF), la liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée dans le monde depuis 25 ans. L’Afrique subsaharienne paie un lourd tribut : sur 48 pays évalués, 24 sont classés en situation « difficile » et cinq en « très grave ». L’Érythrée ferme une nouvelle fois le classement mondial (180e).

RSF épingle particulièrement le Tchad, classé 93e sur 180. Le pays stagne dans un entre-deux préoccupant. Les autorités, dirigées par le président Mahamat Idriss Déby depuis 2024, n’ont pris aucune mesure concrète pour améliorer la sécurité des journalistes. RSF rappelle que les assassinats des reporters Idriss Yaya (mars 2024) et Orédjé Narcisse (octobre 2022) demeurent impunis. La loi sur la cybercriminalité de 2019 continue d’être utilisée pour museler la presse, et les peines de prison pour diffamation restent en vigueur.

À l’échelle régionale, RSF note que le Gabon (43e) recule malgré sa première place en Afrique centrale. Seules l’Afrique du Sud (21e) et la Namibie (23e) tirent leur épingle du jeu, devançant même la France (25e).

« Derrière chaque chiffre se cache un journaliste réduit au silence », alerte RSF. L’organisation appelle les États africains, dont le Tchad, à agir sans attendre pour inverser cette spirale répressive.

Azibert Moussa

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