Dans le cadre de sa mission de protection des biens publics et de lutte contre la corruption, l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) a mené une enquête approfondie sur la gestion et la distribution gratuite de vivres destinés aux populations vulnérables du Tchad. Cette initiative, conformément à l’Ordre de Mission N°081/AILC/CAB/2025, vise à garantir la transparence et l’intégrité dans la distribution de l’aide humanitaire.

Le gouvernement tchadien avait mobilisé d’importantes quantités de vivres, comprenant du riz, du maïs, du mil et de l’huile, pour soutenir les plus démunis. L’Office National de Sécurité Alimentaire (ONASA) avait été chargé de mettre ces ressources à la disposition du Ministère de l’action sociale, de la Solidarité Nationale et des affaires humanitaires. Bien que l’ONASA ait remis les vivres, d’une valeur totale estimée à 28 milliards de FCFA, il n’a pas participé au processus de distribution.

Les investigations de l’AILC ont révélé des irrégularités inquiétantes. Bien que le Ministère de l’action sociale ait reconnu avoir reçu les vivres, aucune documentation fiable tels que des bordereaux de livraison ou des fiches de distribution ne prouve que ces vivres aient été effectivement distribués. Pire encore, une cellule de fabrication de fausses pièces justificatives a été démantelée, impliquée dans des opérations de distribution fictives, a indiqué l’AILC.

Selon l’Autorité, des vérifications sur le terrain ont été menées dans plusieurs communes, démontrant que des quantités significatives de vivres, d’une valeur de 11 227 170 500 FCFA, n’avaient pas été distribuées et restaient introuvables dans les magasins de stockage. Face à cette situation, l’AILC a décidé de saisir la justice pour des faits présumés de détournement massif de biens publics.

Depuis l’annonce de ces démarches judiciaires, une campagne de désinformation a émergé sur les réseaux sociaux, visant à discréditer l’AILC, a indiqué le communiqué. Des individus, apparemment liés à des réseaux d’intérêts puissants, cherchent à semer le doute sur l’intégrité de l’institution. Ces manœuvres, assimilables à une forme d’apologie de la corruption, visent à protéger des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général, dit-elle.

L’AILC a réaffirmé son engagement envers la transparence et la vérité, invitant les citoyens à se renseigner sur les enquêtes en cours. Elle a également mis en garde contre les conséquences juridiques pour ceux qui tenteraient de ternir son image par des allégations mensongères.

La lutte contre la corruption est un impératif national qui nécessite l’engagement de tous. L’AILC appelle ainsi les citoyens à soutenir cette démarche, en privilégiant l’intérêt général et en participant activement à la moralisation de la vie publique. L’institution assure que ses missions sont menées avec indépendance et professionnalisme, dans le respect des lois de la République, sans distinction d’appartenance.

Notons que la lutte contre la corruption au Tchad est un combat collectif, et l’AILC reste déterminée à assainir la gestion des affaires publiques pour le bien de toutes et tous.

Adoum Noël

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