Lors d’un point de presse tenu à la bourse du travail ce 18 avril 2026, la cellule syndicale du Syndicat national du secteur pétrolier (PETROSYNAT) a exprimé son mécontentement face à l’attitude de la direction générale de la Société de Raffinage de N’Djaména (SRN). Son Secrétaire Général, Moussa Mahamat Abakar, a dénoncé une persistance de «mauvaise foi» de la part de la direction.

Selon le PETROSYNAT, en novembre 2024, les ministères du Pétrole et du Travail avaient convenu d’harmoniser les conditions salariales des employés du secteur pétrolier via une convention collective. Un moratoire d’un an avait été accordé aux entreprises pour négocier les termes de cette convention, qui inclut une grille salariale obligatoire pour toutes les sociétés du secteur. Toutefois, la SRN a d’abord refusé de s’engager dans les discussions, arguant que ses employés bénéficiaient déjà de conditions satisfaisantes, dit la cellule syndicale. Ce n’est qu’après l’intervention de la ministre Alixe Naimbaye que des négociations ont finalement été entamées, a-t-elle ajouté.

Bien que certains points d’accord aient été établis, d’autres restent en suspens. Le syndicat souligne que la grille salariale vise à unifier les rémunérations dans le secteur pétrolier, et qu’elle a déjà été adoptée par d’autres entreprises, telles que la CNPCIC, qui a surpassé la SRN en matière de traitement salarial. Cette situation soulève des questions sur la volonté de la SRN de se conformer aux normes établies par l’État. Pour la cellule syndicale, la direction de la SRN justifie son blocage par un prétendu surcoût budgétaire, mais ces arguments sont contestés par le syndicat, qui fait remarquer que la masse salariale des employés tchadiens (598 millions FCFA) est largement inférieure à celle des expatriés chinois (1,9 milliards de FCFA), malgré un nombre d’employés local trois fois supérieur. Le syndicat remet alors en question la logique de la direction, qui semble privilégier les salaires élevés des expatriés au détriment des employés nationaux.

Selon la cellule syndicale, le président de la République Mahamat Idriss Deby Itno, qui a fait de la justice sociale une priorité de son mandat, est appelé à intervenir. Le syndicat insiste sur l’importance d’appliquer cette grille salariale, qui vise à reconnaître la valeur du travail national.

La cellule syndicale a également interpellé les ministres concernés pour qu’ils rappellent la SRN à l’ordre et assurent l’application immédiate de la grille salariale, avec effet rétroactif à janvier 2026. En l’absence de progrès dans un délai raisonnable, « les employés n’hésiteront pas à user de tous les moyens légaux pour revendiquer leurs droits. », a-t-elle conclu.

Adoum Noël

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