Au Tchad, beaucoup de classes sont en « Babie » ou en pailles et naturellement, le premier grand vent ou la première pluie signe forcément la fin de l’école en paille dans nos villages. La honte est nationale…

L’école, ce n’est pas seulement le lieu ou il y a des bancs, des écritures et un tableau sur lequel on écrit l’alphabet ou des équations; c’est le temple ou une conscience reçoit la révélation des valeurs qui constituent le patrimoine humain dans un pays donné comme le nôtre. C’est un lieu a ne pas s’amuser, Nelson Mandala ancien président d’Afrique du sud considérait l’éducation comme le levier le plus puissant pour transformer la société et garantir un avenir meilleur. Sa citation la plus célèbre, « l’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde », souligne son rôle fondamental dans l’émancipation, la lutte contre l’injustice et le développement…Naturellement, éduquer ne consiste pas seulement à apprendre, mais à donner aux individus les moyens de changer leur réalité et celle de leur communauté. Au Tchad, nous observons l’éducation des jeunes, particulièrement celle des filles, comme un investissement crucial pour le progrès de la Nation.

Partout à travers le monde, l’éducation est perçue comme un outil de paix et de progrès durable, capable de briser le cycle de la pauvreté et de l’ignorance. Par contre le système éducatif tchadien, structuré autour de l’enseignement fondamental de 6 à 16 ans et secondaire, fait à une crise structurelle majeure marquée par une très faible qualité de l’enseignement, des infrastructures insuffisantes et de fortes disparités de genres.. Malgré un taux d’inscription primaire en hausse, le taux d’achèvement reste très faible, avec de nombreux abandons scolaires, à cause de grossesse ou le mariage dans le milieu de jeunes filles.

Au Tchad, l’éducation est théoriquement obligatoire, se décomposant en éducation fondamentale et se conduit avec les enseignements en Français et en arabe…Le secteur souffre d’un manque chronique d’enseignants qualifiés, de sous-investissement, d’un taux d’abandon élevé au primaire et d’une dégradation des infrastructures. La scolarisation des filles est entravée par les mariages précoces, les violences et les travaux domestiques, créant un écart significatif avec celle des garçons. A cela s’ajoute la corruption qui est un obstacle majeur, affectant le fonctionnement des établissements scolaires et universitaires.

Le gouvernement, via le plan de transition du secteur éducatif ( PTSE), tente de réformer le système pour améliorer la qualité et l’accès avec le soutien de partenaire, mais hélas cela n’a rien donné! Disons nous, la loi fondamentale du Tchad déclare que, tout citoyen tchadien a droit à l’instruction et que l’enseignement public est laïc et gratuit. Naturellement, elle précise qu’il est du ressort de l’État et des collectivités territoriales décentralisées de créer les conditions et institutions qui assurent et garantissent l’éducation des enfants.

Certes, la loi portant orientation du système éducatif tchadien, en vigueur depuis 2006, alors précise que le droit à l’éducation et à la formation est reconnu à tous, sans discrimination. L’éducation est une priorité nationale fondamentale pour les jeunes, le système éducatif relève de la souveraineté et de la responsabilité de l’État tchadien qui en définit le cadre…

Le plan central de développement de l’éducation et de l’alphabétisation ( PEDDEA, 2023-2032), conforte l’enseignement primaire au Tchad comme la première priorité des priorités!

Le tissu scolaire est composé des écoles francophones et arabophones. Les enseignants, un facteur chef d’amélioration des performances des élèves. L’effectif des corps enseignants est constitué d’enseignements nationaux et de maîtres communautaires recrutés très souvent par les associations des parents d’élèves ( APE) et les associations des mères éducatives (AME).

Incroyable, mais vrai, la durée initiale de formation des enseignants communautaires est d’un an, voire deux selon le profil enseignant. Les maîtres communautaires, titulaires d’un brevet d’étude du premier cycle, sont formés par la Direction de la formation des enseignants avec un renforcement en présentiel dans les ENI sur un cursus de 150 jours seulement.

la formation théorique reçue dans les écoles nationales est complète par des formations pratiques de trois mois sur le terrain. Cette phase pratique est assurée par les CDFCEP et IPEP inspection etc. deviennent des maîtres communautaires de niveau 2. Ils sont classés au grade d’instituteur adjoint, car le programme de formation utilisé pour ces derniers est celui d’instituteurs adjoints.

Ce système éducatif tchadien mène souvent une crise sans fin dans tout le pays. En réponse à ces crises, le gouvernement tchadien a souvent amorcé une réduction draconienne des dépenses, ce qui entraîna une baisse de revenu pour plusieurs fonctionnaires provoquant plusieurs grèves. De plus, le Tchad fut davantage marqué par la violence, rendant certaines parties du pays beaucoup moins en insécurité, pour les enseignants tout comme pour les élèves. Ces divers événements ont eu un énorme impact sur l’éducation tchadienne; mais cela ne suffisait pas l’État continu à marcher sur le système et sur les enseignants ! La qualité et l’efficience du système d’éducation régressent, les infrastructures scolaires se dégradent à un rythme effréné et le personnel y met peu de vouloir et n’a pas les qualifications nécessaires. L’analphabétisme persiste et les disparités de genres ne vont pas en amélioration, la situation est donc critique. Bien que le taux d’inscription aux études primaires soit assez élevé, soit de 85,85%, seulement 41,32% terminent leurs études primaires. Une analyse sectorielle du système éducatif tchadien réalisée récemment illustre plusieurs insuffisantes apportant d’importants défis pour le Tchad; un très faible taux de scolarisation, un manque de mensuels scolaires, de l’équipement inadéquat alors les classes, un manque de qualification des enseignants et un accès très limité aux études supérieures.

Des changements sont à prévoir pour améliorer l’éducation du Tchad. Sur le classement continental, sur 54 pays d’Afrique, le Tchad est classé dernier, 54 ème avec un taux de scolarité de 27,28%. Le problème est la capacité à comprendre des informations écrites, remplir des documents simples ou utiliser la lecture dans la vie de tous les jours, même si le critère principal reste toujours la maîtrise de la lecture et de l’écriture. Ces données viennent tout droit de l’UNESCO….

L’éducation élémentaire au Tchad est terriblement exposée sur l’échec scolaire…Le retour du docteur Mahama Ahmat Alhabo dans son ministère d’origine qu’il connait très bien que quiconque, cela changera -t-il la donnée ? Vu les comportements, les conséquences de l’échec scolaire peuvent s’étendre à long terme affectant certains opportunistes éducatives et professionnelles. Néanmoins, pour être en mesure de répondre à la crise scolaire, aux problèmes des enseignants le gouvernement tchadien a encore beaucoup à faire pour atteindre ses objectifs quant au système éducatif, et ce, encore plus depuis de vingtaine d’années. Cette crise scolaire pourrait mettre à risque tous les efforts fournis par les enseignants pour remettre sur pied l’éducation du pays…

Le nouveau ministre d’Etat, ministre de l’éducation nationale, du bilinguisme et de la promotion civique du Tchad, Dr Mahamat Ahmat Alhabo, doit y penser à un projet national de renforcement de l’éducation nationale et de l’alphabétisation. Au Tchad, l’éducation, censée être un levier de développement, est minée par un fléau silencieux , mais dévastateur; la corruption. Ce phénomène souvent banalisé, gangrène les établissements scolaires et universités, compromettent l’avenir de toute une génération.

Pour conclure, le système éducatif du Tchad, nous tirons que, visant à rendre effectivement tout citoyen tchadien opérationnel afin qu’il puisse contribuer au développement de la société. Le Ministre en charge de l’éducation a un devoir d’ouverture absolu avec les enseignants pour mettre fin aux crises pour rendre la réalité du système éducatif tchadien qui est sévèrement miné afin de progresser à un rendement d’échelle décroissant…

Courage à tous les enseignants du Tchad.

A chacun sa philosophie pour mieux comprendre !

Gaya Ple Seïd citoyen lambda

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