Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, 8 avril 2026, dans les locaux de la radio FM Liberté, le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) a oannoncé l’organisation d’une marche de protestation qui se déroulera le samedi 2 mai 2026. Cette initiative vise à mobiliser les citoyens sur l’ensemble du territoire national et devant les ambassades du Tchad à l’étranger.

Le porte-parole du GCAP, Max Kemkoye, a souligné trois points fondamentaux : l’attaque par drone à Tiné Djagaraba, le remaniement gouvernemental du 1er avril 2026, et l’envoi d’un contingent tchadien en Haïti. Il a également évoqué les derniers actes monstrueux de Boko Haram, qui sont directement liés à l’absence de sécurité aux frontières et aux zones transfrontalières, exposant ainsi nos compatriotes en déplacement à la « merci des bandits de grands chemins ».


Les partis membres du GCAP exigent que des explications claires, précises et détaillées soient fournies par le gouvernement dans les plus brefs délais pour que justice soit rendue aux victimes. Faute de quoi, il engagera des démarches au vu de la convention de Genève et le Statut de Rome dont relèvent ces crimes à l’effet de déposer une communication élaborée et fournie auprès du Bureau du Procureur près la Cour pénale internationale, seul compétent pour connaitre de pareil crime pour l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Le GCAP souligne que, depuis l’instauration du régime de Mahamat Idriss Déby Itno le 20 avril 2021, le Tchad est plongé dans le chaos, marqué par l’absence de stabilité intérieure et d’intégrité territoriale. « Les forces étrangères pénètrent librement le pays, causant des attaques et des victimes, tandis que le nord est particulièrement touché par la criminalité et l’insécurité », a-t-il déclaré. Il poursuit qu’au sud, les populations subissent des conflits meurtriers et des razzias. Le GCAP indique que, sur cinq ans, aucun autre régime n’a enregistré un tel bilan de violences. Le conflit au Soudan a exacerbé la situation, avec des attaques telles que « celle d’un drone sur Tiné Djagaraba, qui a conduit à des enquêtes controversées et des accusations envers le Soudan, corroborées par le Procureur de la République ». Le groupe souligne que ces « crimes militaires graves » à la frontière relèvent exclusivement de la compétence d’une juridiction spécialisée. Ce sont les règles de compétence territoriale spécifiques qui s’appliquent eu égard au lieu du crime, à la nationalité des victimes et à celle des supposés auteurs. Ainsi, tenant compte de la conjonction de ces trois éléments caractéristiques, « ce sont les règles de droit international ou des traités seuls qui peuvent déterminer la compétence juridictionnelle y relative », a-t-il expliqué.

Concernant l’envoi de plus de 500 policiers, gendarmes et militaires, le groupe souligne que cet engagement n’entre aucunement dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, qui impose d’intervenir en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix ou d’actes d’agression susceptibles de compromettre la sécurité internationale. Il insiste sur le fait que la sécurité intérieure d’Haïti, en particulier à Port-au-Prince, relève exclusivement de la compétence tactique et opérationnelle des forces armées haïtiennes, même si celles-ci peinent à faire face à la horde anarchiste et criminelle dirigée par Jimmy Chérizier, dit « Barbecue », qui ne se limite pas au banditisme urbain mais mène des attaques de type militaire avec des armes offensives. Dès lors, comment envoyer des policiers, qui ne sont pas des militaires mais des civils formés au maniement des armes uniquement pour le maintien de l’ordre, alors qu’il s’agirait d’une unité d’élite spécialisée dans la guérilla urbaine ? De plus, ce gang bénéficie d’un net avantage grâce à sa connaissance et à sa maîtrise parfaite de son terrain de prédilection.

Selon le GCAP, au cours des derniers mois à N’Djamena, plusieurs meurtres violents ont été signalés, malgré la présence des forces de sécurité. Entre le 26 février et le 4 avril 2026, plusieurs victimes ont été identifiées. Le GCAP s’interroge : avec ces victimes en série, la capitale N’Djamena est-elle si différente de Port-au-Prince, capitale d’Haïti, où l’on se précipite pour réprimer les gangs ? Le groupe souligne qu’entre-temps, le président de la République Mahamat Idriss Déby Itno, pris par la manie de régler des comptes, pousse à l’atomisation de l’armée en plusieurs chapelles communautaires armées, dont certaines n’obéissent plus à la hiérarchie militaire régulière, se comportant comme une armée dans l’armée. En conséquence, ces groupes n’ont pas les mêmes traitements et avantages, en raison de leur proximité ou non avec le dirigeant, et se regardent en chiens de faïence.

Concernant la situation des Tchadiens détenus par la secte Boko Haram, le groupe de concertation des acteurs politiques souligne qu’ailleurs, « la prise d’otages des citoyens est une préoccupation gouvernementale de la plus haute priorité. Mais depuis la semaine dernière jusqu’à aujourd’hui, alors que nos compatriotes, dont l’un a été égorgé et d’autres sont tenus captifs, le régime et son gouvernement dilettante, affichant un mépris élégant, laissent les familles dans un désarroi total ».

En ce qui Concerne le remaniement gouvernemental du 1er avril 2026, le GCAP a indiqué que « le livre des aventures de M. Mahamat Idriss Déby Itno, ouvert depuis le 20 avril 2021, continue à nous montrer ses dessins animés ». Dans le cadre du principe de spécialisation ministérielle, et surtout dans ce contexte politique et technique, « vous ne pouvez pas nommer un vice-premier ministre sans avoir préalablement édicter une loi organique pour compléter la disposition constitutionnelle portant création d’un poste de vice-premier ministre », a-t-il déclaré. Agir ainsi dans cette cacophonie brouillonne au point de créer une dyarchie témoigne d’un amateurisme béat, déplore le groupe.

Selon le GCAP, face à cette accumulation de problèmes socioéconomiques, politiques, diplomatiques et sécuritaires, ainsi qu’à la confiscation des libertés et à cette tragédie sans fin, « nous appelons l’ensemble des patriotes qui aiment leur pays, les jeunes qui s’inquiètent pour leur avenir sans lendemain, ainsi que toutes les victimes de l’injustice et de l’exclusion, à participer à la Marche d’Indignation et de Protestation Nationale que le GCAP lance à partir d’aujourd’hui, pour le samedi 2 mai 2026, sur l’ensemble du territoire national et devant les ambassades du Tchad à l’étranger », a conclut le groupe.

Adoum Noël

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