La Plateforme des Journalistes Panafricains a exprimé, par un communiqué rendu public hier, sa vive inquiétude face à la détérioration des conditions d’exercice de la presse au Mali. Deux directeurs de publication ont été incarcérés en moins de vingt-quatre heures : Abdramane Keïta, du journal Le Témoin, poursuivi pour « délit à caractère régionaliste » et « atteinte à l’unité nationale », et Chahana Takiou, du bihebdomadaire 22 Septembre, accusé d’« atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ».

L’organisation dénonce une régression alarmante des libertés dans les pays du Sahel, particulièrement au sein des États de l’Alliance des États du Sahel (AES). « Ces poursuites, fondées sur des motifs vagues et liberticides, visent à réduire au silence toute voix critique », souligne la Plateforme. Elle ajoute, « Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de nos confrères. » L’instance panafricaine conclut : « L’utilisation de l’appareil judiciaire à des fins de répression est inacceptable. »

La Plateforme appelle l’ensemble des médias africains et internationaux à relayer massivement ce communiqué afin de mobiliser l’opinion publique contre ce qu’elle qualifie de recul inquiétant de la démocratie et du journalisme indépendant dans la région sahélienne.

Akhouane Soussé

Partagez sur