Par un communiqué de presse rendu public, la Coalition des actions citoyennes Wakit Tamma, par la voix de son coordinateur Zakaria Adam Zakaria, a exprimé ses condoléances aux familles des victimes d’un naufrage tragique survenu près de la ville de Bousso, dans la province du Chari Baguirmi. Ce drame a coûté la vie à 11 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, et met une fois de plus en lumière l’abandon dont souffrent les populations locales, malgré la richesse pétrolière de la région.

Wakit Tamma a critiqué le silence du gouvernement face à cette tragédie. Aucune réaction n’a été observée de la part du ministère de la Femme et de la Petite Enfance, du chef du gouvernement Allah Maye Halina, ou du Président de la République. « Cette indifférence coupable démontre, une fois de plus, que la vie des tchadiens ne pèse pas aux yeux de ce régime », a déclaré Zakaria Adam Zakaria. La coalition estime que l’absence d’infrastructures de base, telles que routes, centres de santé, écoles et accès à l’eau potable, est une lourde responsabilité du pouvoir en place, qui doit être tenu pour responsable de ce drame.

Wakit Tamma a également dénoncé le rôle du Sultan de la province, Vice-président du Sénat, l’accusant de gestion clientéliste et de complicité avec le régime en place. Selon la coalition, la braderie des richesses locales au profit d’une «caste dirigeante» a conduit au mépris des revendications des jeunes pour une gestion responsable des revenus pétroliers. « Aujourd’hui, l’histoire leur donne tragiquement raison », a ajouté Zakaria Adam Zakaria.

La coalition s’est également exprimée sur le lancement du troisième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-3), jugé inopportun dans un contexte de stabilité précaire. Elle souligne que plusieurs provinces, dont celle du Lac, sont affectées par le terrorisme et les inondations, rendant un recensement équitable impossible. Wakit Tamma a appelé la Banque mondiale et les Nations unies à suspendre tout financement de ce recensement qu’elle juge suspect.

Enfin, la coalition a dénoncé les dérives autoritaires du régime, qui restreint l’espace politique et muselle les voix dissidentes. Elle a rappelé les événements tragiques, comme l’assassinat de Yaya Dillo et la condamnation de Succès Masra, ainsi que les arrestations arbitraires des leaders du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), la dissolution des organisations de la société civile. La coalition a interpellé la communauté internationale, y compris l’Union européenne, la France et les États-Unis, pour qu’ils reconsidèrent leur soutien à un régime qui «réprime son peuple» et «muselle l’opposition».

Wakit Tamma conclut son communiqué en affirmant que des vies ont été perdues à cause d’un système qu’elle juge défaillant.

Adoum Noël

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