
La Nation Arc-en-ciel connaît une recrudescence des actes de xénophobie ciblant les ressortissants d’Afrique subsaharienne. Sous l’égide du mouvement « Dudula », qui signifie « expulser » en zoulou, des Sud-Africains d’origine noire mènent des actions répressives contre des migrants d’autres pays africains. Dans des villes comme Durban et Pretoria, des militants de ce mouvement patrouillent dans les quartiers, accusant ces migrants d’être à l’origine du chômage et de la criminalité. Le Président de l’Afrique du Sud Cyril Ramaphosa appelle au calme.
De nombreux commerces appartenant à des ougandais, nigérians, zimbabwéens, somaliens, mozambicains, tanzaniens, malawites, eswatiniens et congolais, qui gèrent principalement des « spaza shops » dans les townships, sont souvent saccagés. Leurs propriétaires sont contraints de quitter le pays, tandis que des familles de migrants subissent des violences. Ces actes se déroulent sous le regard complice des forces de l’ordre.
La nation, qui a souffert de l’apartheid (1948-1994) sous la domination blanche, est aujourd’hui le théâtre d’une nouvelle forme de ségrégation visant d’autres Africains. Étonnamment, les commerces d’autres communautés ne sont pas ciblés. Plusieurs vidéos circulent montrant des Sud-Africains blancs protégeant des migrants africains noirs face aux attaques de Sud-Africains noirs.
Lors de son discours de la journée de la liberté le 27 Avril dernier, le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, a réagi aux violences xénophobes visant les étrangers originaires d’autres pays africains dans son pays. « Nous n’avons pas conquis notre liberté seuls. Nous avons été portés par une vague de solidarité venant des nations africaines, et de bien d’autres », a-t-il déclaré. Il ajoute, « ces pays ont ouvert leurs frontières à nos combattants de la liberté. Ils ont partagé leur pain et leurs foyers. Ils ont parlé pour nous lorsque nous ne pouvions pas parler pour nous-mêmes. Les dirigeants et les peuples d’Afrique ont maintenu notre lutte en vie. »
Le président sud-africain a conclu, « nous ne pouvons pas et nous ne devrons jamais piétiner dans la poussière la fraternité africaine qui a rendu notre liberté possible. »
Adoum Noël