
La tension monte dans le secteur éducatif tchadien. La section provinciale du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) de N’Djamena a brandi, ce 17 janvier, la menace d’une grève générale à compter de la fin du mois de janvier 2026, si le gouvernement ne pose pas d’« actes concrets, clairs et immédiats » en faveur de l’application du décret n°2850 portant statut particulier des personnels de l’éducation.
Réuni en séance élargie, le bureau provincial du SET dénonce une « irresponsabilité flagrante » et un « mépris assumé » des autorités face à la précarité des enseignants. Selon le syndicat, le décret 2850, pourtant obtenu après de longues luttes, demeure volontairement inappliqué. Une situation qui, pour les responsables syndicaux, ne relève plus de la négligence administrative mais d’un « choix politique délibéré contre l’école tchadienne ».
Le SET fustige également le silence du ministère de l’Éducation nationale, accusé de laisser pourrir la situation alors que d’autres départements ministériels parviennent à améliorer les conditions de vie de leurs agents. Cette attitude, avertit le syndicat, expose le pays à une crise éducative majeure dont le gouvernement porterait l’entière responsabilité.
Se disant à court de solutions après avoir épuisé toutes les voies de dialogue, la section provinciale du SET de N’Djamena appelle ses militants et l’ensemble des enseignants à la mobilisation et à la vigilance. Le communiqué publié tient lieu de préavis de grève. À défaut d’un accord rapide sur l’application effective du décret 2850, le bras de fer pourrait rapidement se transformer en paralysie des activités scolaires dans la capitale.
Abderamane Moussa Amadaye