L’École Nationale d’Administration (ENA) a été le théâtre d’une conférence-débat animée par Ousmane Abderamane Djougourou, le contrôleur général de l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) ce 5 juin 2026. Sous le thème « Lutte contre la corruption au Tchad : bâtir une administration efficace au service du citoyen à travers la promotion de la bonne gouvernance », cet événement a rassemblé des cadres et des élèves fonctionnaires, soucieux de comprendre les enjeux cruciaux de la corruption et les solutions envisageables.

Dr Youssouf Tom, ancien ministre de la Justice et des Droits Humains, a ouvert la rencontre en soulignant que malgré son ancienneté, la corruption continue de miner les fondements des institutions tchadiennes.

Le contrôleur général de l’AILC Ousmane Abderamane Djougourou a dressé un tableau des causes profondes de ce fléau, évoquant la faiblesse du système judiciaire, le déficit d’éducation civique et l’absence de digitalisation, parmi d’autres facteurs. Les conséquences de la corruption sont tout aussi préoccupantes. Elles se traduisent par un affaiblissement de l’État de droit, une destruction de la crédibilité des institutions, et une privation des services publics essentiels, ce qui freine le développement économique du pays, a-t-il déclaré.

Pour contrer ce phénomène, l’intervenant a proposé des solutions concrètes, tout en plaidant pour une formation d’administrateurs intègres, une gestion transparente des ressources et une accélération de la digitalisation de l’administration. Le renforcement des institutions de contrôle et le développement d’une culture de redevabilité ont également été mis en avant comme des leviers nécessaires pour instaurer une bonne gouvernance.

Le conférencier a cité des expériences internationales, comme celles du Rwanda et de Singapour, qui ont réussi à instaurer une gouvernance saine grâce à des politiques de tolérance zéro envers la corruption et une gestion transparente des ressources. Ces exemples montrent que la corruption n’est pas une fatalité, mais un défi à relever. « La corruption est un combat pour la dignité nationale, la justice sociale et le développement durable », a-t-il déclaré, incitant les futurs cadres de l’administration à privilégier l’éthique et le mérite.

La conférence s’est conclue par une session interactive, où les participants ont exprimé leurs préoccupations et leur volonté de s’engager activement dans la lutte contre la corruption. Le défi est immense, mais avec une volonté collective et des actions concrètes, un Tchad plus juste et transparent est à portée de main.

Adoum Noël

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