
Lors d’une déclaration faite à la télévision nationale, hier mercredi 6 mai à Kinshasa, le président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a suscité des réactions vives en évoquant la possibilité d’un troisième mandat. L’opposition n’a pas tardé à réagir suite à sa déclaration.
Bien qu’il ait affirmé ne pas avoir sollicité cette option, le président congolais a ajouté, « si le peuple veut un troisième mandat, je l’accepterai ». Ces propos, diffusés par la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), marquent une prise de position claire sur un sujet sensible, alors même que sa majorité parlementaire a adopté le 30 avril une proposition de loi visant à encadrer l’organisation d’un référendum.
La Constitution de 2006, cependant, pose des limites strictes. L’article 220 interdit formellement toute modification concernant le nombre et la durée des mandats présidentiels, ainsi que le suffrage universel et les droits fondamentaux, avec des sanctions pénales en cas de violation. Actuellement, Tshisekedi, élu en 2018 et réélu en 2023, est limité à deux mandats, son dernier se terminant en janvier 2029.
L’opposition a rapidement réagi à l’annonce de la recevabilité du texte législatif. Delly Sessanga, président du parti ENVOL, a dénoncé sur les réseaux sociaux ce qu’il décrit comme « des notions floues » et une « manœuvre politique dangereuse », qualifiant cela de préparation à un coup d’État constitutionnel. De son côté, Prince Epenge, porte-parole de la plateforme Lamuka, proche de Martin Fayulu, a affirmé que l’article 220 représente une « ligne rouge infranchissable ». Le mouvement citoyen LUCHA et la Coalition de la gauche congolaise (CGC) de Jean-Marc Kabund ont également exprimé leur rejet de cette initiative, renforçant ainsi un climat de tension politique autour de cette question cruciale.
Adoum Noël