
Lors d’une conférence de presse tenue ce 12 juin 2026, le Parti Les Patriotes, représenté par son porte-parole Hisseine Abdoulaye, a mis en lumière la gravité de la recrudescence des conflits intercommunautaires et le déni de justice qui sévit au Tchad. Avec des chiffres alarmants faisant état de 318 morts et 3015 blessés entre 2024 et 2025, Hisseine Abdoulaye a décrit la situation comme un « effondrement total » de l’État.
Le porte-parole a dénoncé un système «verrouillé», où les dirigeants semblent déconnectés des réalités vécues par les tchadiens. Pour lui, la situation actuelle n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un système désorganisé, qui non seulement échoue à protéger ses citoyens, mais alimente également la violence. « Ce que nous vivons aujourd’hui est une guerre larvée que le pouvoir refuse de voir », a-t-il déclaré. Le parti relève que les conflits, exacerbés par une absence de médiation et de justice, poussent les populations vers l’autodéfense. Loin de résoudre les problèmes, «la militarisation de l’administration», avec l’envoi de militaires à des postes civils, est perçue comme une solution inadaptée. « Nous n’avons pas besoin de soldats déguisés en gouverneurs » a insisté Hisseine Abdoulaye.
L’autre point culminant abordé lors de la conférence concerne le déni de justice. Le parti a dénoncé la condamnation arbitraire de leaders d’opinion notamment les membres de l’ex Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), attribuant au gouvernement la responsabilité d’instaurer un climat de peur et de répression. « Les accusations portées contre ces leaders sont totalement imaginaires », a affirmé Abdoulaye, appelant à leur libération immédiate.
Les Patriotes appellent la communauté internationale à se mobiliser et à surveiller la situation au Tchad, où la démocratie semble être mise à mal. « On ne peut prétendre être démocrate tout en gouvernant sans opposition », a-t-il ajouté, soulignant que les leaders condamnés sont essentiels à la légitimité du pouvoir.
Le Parti Les Patriotes exige des mesures immédiates pour remédier à la crise sécuritaire et judiciaire. Parmi les solutions proposées figurent la mise en place de mécanismes de médiation impliquant les chefs traditionnels, la création d’espaces de dialogue intercommunautaire, et l’instauration d’une justice équitable.
Enfin, le parti Les patriotes a lancé un appel vibrant aux tchadiens pour qu’ils rejettent la «gouvernance du chaos» et commencent à exiger le respect et la justice qu’ils méritent. « Le Tchad mérite mieux », a-t-il conclu, réclamant un changement urgent pour sortir le pays de la spirale de violence et d’injustice.
Adoum Noël