
Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitule. La France célèbre la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Mais tout avait basculé 5 ans plus tôt.
Le 18 juin 1940, en difficulté depuis Londres, le général de Gaulle lance son célèbre appel, « La France a perdu une bataille, mais elle n’a pas perdu la guerre. » Il appelle les soldats et les colonies à résister contre l’ennemi nazi.
Le Tchad répond le premier. Le 26 août 1940, sous l’impulsion du gouverneur Félix Éboué, ce territoire devient le premier de l’empire français à se rallier à la France Libre. Sans ce ralliement, rien n’aurait été possible.
Des soldats tchadiens sont alors regroupés au sein du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad (RTST). Avec le colonel Leclerc, ils jurent à Koufra, en Libye, de ne déposer les armes qu’après avoir libéré Strasbourg. Ils tiendront parole.

Le 1er août 1943, le RTST est réorganisé et devient le Régiment de marche du Tchad (RMT). À partir de ce moment, le régiment n’est plus composé uniquement de soldats tchadiens. Il intègre également des volontaires français, tout en conservant fièrement le nom du Tchad. C’est ce brassage qui fera la force de la 2e Division blindée. Ensemble, français et tchadiens et d’autres alliés libèrent Paris le 24 août 1944, puis Strasbourg trois mois plus tard, accomplissant ainsi le serment de Koufra. Plus de 700 soldats africains reposent en France, morts pour sa liberté.
Aujourd’hui, leur mémoire n’a pas disparu. Le RMT existe toujours. Stationné à Meyenheim, en Alsace, dans le Grand Est, à proximité de la frontière allemande. Il est le seul régiment de l’armée française à porter le nom d’un pays africain. Sa devise, « Le Régiment du Serment ».

Côté équipement, le RMT est l’un des régiments d’infanterie les plus modernes. Il est entièrement doté du VBCI, un blindé de 28 tonnes capable de transporter 11 soldats, armé d’un canon de 25 mm. Ce matériel de dernière génération fait du RMT une unité d’élite.

Les soldats du RMT participent régulièrement à des missions extérieures, notamment au Sahel, où ils ont combattus aux côtés des armées africaines.
Abderamane Moussa Amadaye