
Le département d’histoire en français de l’université de N’Djaména a tenu, ce mardi 21 avril 2026, une conférence-débat captivante au sein de l’amphithéâtre Liège, sur le thème « Aux origines des sociétés humaines : apport de l’archéologie et de la préhistoire à la connaissance du passé tchadien ». Cet événement a rassemblé de nombreux étudiants du département d’histoire, avide d’enrichir leur compréhension des racines historiques du Tchad. Reportage.
Le panel est composé de Dr Belemel Banga, archéologue et enseignant-chercheur à l’ENS de Bongor, et M.Mbaihondoum Pierrot, doctorant et assistant à l’Université de N’Djamena. La modération a été assurée par Mme Mariam Issa Nassour, également doctorante.
Dans son intervention, le Dr Belemel Banga a retracé l’historique de l’archéologie, mettant en lumière la genèse de cette discipline marquée par la découverte d’hominidés. Il a évoqué plusieurs missions archéologiques menées sur le territoire tchadien, affirmant que le Tchad est un carrefour de civilisations. Il relève que les recherches archéologiques dans le bassin tchadien ont été intensifiées, tout en soulignant que des chercheurs de plusieurs nationalités viennent y découvrir des vestiges significatifs. L’intervenant a mentionné les travaux précurseurs de Théodore Monod, qui avaient déjà mis en avant le potentiel archéologique.
Le second intervenant, M.Mbaihondoum Pierrot, a insisté sur le fait que chaque objet archéologique, y compris les gravures rupestres et les pierres, constitue un document précieux. Il a décrit le Tchad comme un véritable sanctuaire paléontologique et archéologique, où les sites archéologiques représentent une richesse inestimable pour la recherche. Les gravures rupestres, en particulier, sont présentées comme des indicateurs paléo-environnementaux, ouvrant de nouvelles perspectives de recherche sur l’art et les dynamiques sociales du Sahara. Pierrot a également souligné le rôle des musées en tant que sanctuaires de la mémoire, essentiels pour la conservation et la valorisation du patrimoine.
En outre, il a abordé trois grands axes de recherche parmi lesquels, l’héritage préhistorique, la transition historique et la diversité socio-culturelle. Il a noté que certaines régions, notamment le sud et le centre du pays, demeurent encore largement inexplorées et pourraient offrir des découvertes majeures.
Les défis méthodologiques de l’archéologie au Tchad, tels que l’utilisation de technologies numériques et la nécessité de coopération institutionnelle, ont également été évoqués. M.Pierrot a conclu en affirmant que ces défis représentent des opportunités pour développer une archéologie adaptée aux réalités africaines.
Notons que cette conférence-débat a permis de mettre en lumière l’importance de l’archéologie dans la compréhension des sociétés humaines et du riche passé culturel du Tchad. Les échanges interactifs ont suscité un vif intérêt parmi les étudiants et les intervenants.

Adoum Noël