L’Union des Journalistes Tchadiens (UJT), en collaboration avec diverses organisations professionnelles des médias, a tenu une conférence-débat le 2 avril 2026, dans les locaux de l’Office National des Médias et de l’Audiovisuel (ONAMA). Cet événement, qui s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée Mondiale de la Presse, a rassemblé plusieurs journalistes et responsables de médias autour du thème : « Presse libre, gestion des conflits et paix durable : rôle et responsabilité des médias tchadiens face aux crises communautaires et frontalières. »

Le panel, dirigé par le Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, comprenait également Belngar Larmé Jacques, président de la Commission des Droits de l’Homme (CNDH), et Laldjim Narcisse, analyste politique et représentant de Reporter Sans Frontières (RSF).

Le porte-parole du gouvernement Gassim Chérif Mahamat a souligné que le rôle fondamental des journalistes est d’informer avec objectivité et de vérifier les sources pour livrer une information véridique. Il a mis en lumière le fait que l’éthique et la déontologie sont souvent négligées, notamment à cause de la désinformation propagée sur les réseaux sociaux. Selon lui, les journalistes ne sont pas responsables des conflits intercommunautaires mais doivent alerter les autorités en cas de tensions.

Le Président de la CNDH Belngar Larmé Jacques a évoqué la polarisation des médias, où certains journalistes prennent parti pour l’opposition ou la majorité, compromettant ainsi l’intégrité de la presse. Il a insisté sur l’importance de la neutralité en période de conflit, affirmant que prendre parti n’est pas compatible avec un journalisme responsable.

Le Représentant de RSF Laldjim Narcisse a rappelé que les journalistes doivent jouer le rôle de médiateurs pour apaiser les tensions sociales. Il a cité l’exemple tragique du génocide rwandais, où certains médias ont incité à la violence. Selon lui, le journaliste doit encourager le dialogue et contribuer à la paix, plutôt que de diviser.

Intervenant sur le second thème sur le modèle économique, la présidente de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel, Halimé Assadiya Ali, a souligné qu’« on ne crée pas une entreprise pour attendre que l’État vienne fonctionner. L’État doit accompagner le développement de la presse, car cela fait partie de la mise en œuvre des politiques publiques ». Abordant la question d’aide à la presse, elle a déclaré qu’en 2025, 185 médias sont répertoriés dans la HAMA, « cette enveloppe n’a pas beaucoup évolué, en 2023-2024, elle était de 300 millions. Nous plaidons pour une évaluation à un milliard deux cents mille », dit-elle. Mme Halimé Assadya Ali a également évoqué l’importance de la formation et de l’accompagnement, soulignant que les journalistes sont souvent exploités dans les rédactions. De plus, elle a noté que « la publicité n’est pas encadrée, ce qui conduit chacun à faire ce qu’il veut sur sa page, entraînant une perte pour les médias ».

Tous les intervenants ont convenu que le journalisme doit viser l’intérêt général, respecter les règles d’objectivité, et rechercher la vérité. Les médias doivent représenter la voix des sans voix, tout en évitant d’être des porte-paroles d’intérêts politiques spécifiques.

Adoum Noël

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