Screenshot_20260929-113227

À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture, célébrée ce 29 septembre, les Nations unies alertent sur un phénomène qui pèse à la fois sur la sécurité alimentaire, l’environnement et les économies. Une partie importante de la nourriture produite dans le monde n’arrive jamais jusqu’à l’assiette.

Chaque année, des millions de tonnes de nourriture sont perdues ou jetées alors qu’elles pourraient encore être consommées. Le phénomène intervient à différents niveaux : après la récolte, pendant le transport et le stockage, dans les commerces, les restaurants, mais aussi dans les foyers.

La FAO estime qu’environ 13 % des aliments produits dans le monde sont perdus entre la récolte et la vente au détail. À cela s’ajoute le gaspillage qui intervient chez les consommateurs, dans la restauration et le commerce. Selon les données des Nations unies, près de 19 % des aliments disponibles pour les consommateurs sont ainsi gaspillés.

Derrière ces chiffres se trouve un double paradoxe. D’un côté, une quantité considérable de nourriture est disponible mais finit à la poubelle. De l’autre, la faim et l’insécurité alimentaire continuent de toucher des millions de personnes à travers le monde.

Le problème ne se limite toutefois pas à la nourriture elle-même. Produire un aliment qui sera finalement perdu ou jeté mobilise également de l’eau, des terres agricoles, de l’énergie, de la main-d’œuvre et des moyens de transport. Les pertes et le gaspillage alimentaires participent ainsi aux émissions de gaz à effet de serre et exercent une pression supplémentaire sur les ressources naturelles.

Cette journée internationale vise donc à remettre la question au centre du débat. Réduire les pertes ne relève pas uniquement de la responsabilité des consommateurs. Producteurs, transporteurs, distributeurs, restaurateurs, entreprises et pouvoirs publics sont également concernés.

Dans plusieurs régions du monde, notamment là où les infrastructures de stockage et de transport restent insuffisantes, une meilleure conservation des récoltes peut permettre de réduire les pertes avant même l’arrivée des produits sur les marchés.

À l’autre bout de la chaîne, une meilleure gestion des achats, des stocks et des portions peut contribuer à limiter le gaspillage dans les commerces, les restaurants et les ménages.

Pour les Nations unies, l’enjeu est désormais de transformer cette prise de conscience en actions concrètes. Car réduire les pertes et le gaspillage alimentaires revient aussi à mieux utiliser les ressources disponibles et à renforcer les systèmes alimentaires.

Ce 29 septembre, la journée internationale rappelle ainsi une réalité simple : avant de produire davantage, une partie du défi consiste aussi à éviter de perdre ou de jeter ce qui est déjà produit.

Akouane Soussé

Partagez sur