Du 12 au 15 octobre 2026, la ville de Pala, nichée dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, vibrera au rythme de la Fête de la jeunesse, un événement organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Cependant, cette célébration suscite des interrogations quant à l’implication des jeunes locaux qui ont œuvré pour sa réalisation.

Oumar Saleh Brahim, l’un des fervents défenseurs de l’organisation de cet événement dans sa ville, exprime une frustration palpable. Bien que les jeunes de Pala aient été à l’initiative de cette fête, en organisant des points de presse et en contribuant financièrement, ils se retrouvent aujourd’hui en position de spectateurs. « Ceux qui ont porté la réclamation sont maintenant mis à l’écart », déplore-t-il.

Pour Oumar, une véritable fête de la jeunesse devrait être l’affaire de tous les jeunes. Il souligne que l’inclusion doit s’étendre au-delà de la phase de revendication, accompagnant chaque étape du processus. « L’inclusion ne doit pas commencer quand le combat est terminé », insiste-t-il, ajoutant que cette célébration devrait également être conçue avec l’input des jeunes qui ont œuvré pour sa concrétisation.

Enfonçant le clou, il rappelle que leur mobilisation était guidée par un intérêt collectif et la conviction que Pala mérite des événements d’envergure nationale. « Si certains se sentent écartés aujourd’hui, il est légitime de s’interroger sur les critères d’organisation », déclare-t-il.

Oumar Saleh Brahim appelle à une réflexion sur les critères de sélection des jeunes impliqués dans l’organisation. Selon lui, l’absence de transparence peut engendrer un sentiment d’exclusion, ce qui va à l’encontre de l’esprit de solidarité qui a prévalu lors des préparatifs. « La sélection devrait reposer sur des critères justes et respectueux des compétences », souligne-t-il.

Pour lui, la victoire de faire venir la fête à Pala doit se traduire par une participation équitable des jeunes locaux. « Une fête consacrée à la jeunesse ne doit pas seulement être organisée pour elle, mais aussi pensée avec elle », affirme-t-il.

En guise de conclusion, Oumar illustre son propos avec une métaphore évocatrice, « Après tout, certains plantent l’arbre, d’autres viennent s’abriter sous son ombre. L’essentiel serait simplement de ne pas oublier ceux qui l’ont arrosé ».

Un autre jeune Tchoke Deuba Rodrigue, estime quant à lui que la fête appartient à toute la jeunesse, car elle regroupe les 23 provinces du Tchad pour célébrer et partager l’identité culturelle, un facteur d’unité et d’inclusion du Mayo-Kebbi Ouest.

La Fête de la jeunesse à Pala est une occasion unique de célébrer l’engagement des jeunes, mais elle doit également être un symbole d’inclusion et de reconnaissance pour ceux qui ont contribué à sa réalisation. Alors que plusieurs jeunes ont quitté N’Djamema pour Pala pour aller célébrer cette fête, les jeunes du terroir quant à eux se vaguent normalement de leurs activités quotidiennes, a rapporté un témoin sur place ayant requis l’anonymat.

Adoum Noël

Partagez sur