Dans un communiqué publié hier samedi, 18 octobre 2026, l’Action pour la Paix et les Droits Humains au Tchad (APDHT) a exprimé sa profonde inquiétude face à la dégradation continue de la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Tibesti. L’organisation critique également la gestion de cette crise par les autorités publiques.

Selon l’APDHT, depuis le début d’octobre 2026, la province a été le théâtre de plusieurs événements tragiques. Le meurtre du jeune Tahir Souleymane Arim a déclenché, du 5 au 8 octobre, la prise en otage de quatorze jeunes des communautés locales dans les massifs de Tourkou. De plus, le 14 octobre, des affrontements entre la brigade minière et le Comité d’autodéfense de Miski ont conduit à la mort de deux officiers et à neuf blessés, ces derniers accusant des militaires d’être responsables de la mort de plusieurs jeunes du coin, a expliqué l’organisation.

L’APDHT a fermement condamné ces actes de violence, notamment le meurtre du jeune Tahir Souleymane Arim, et a exigé une enquête sur l’utilisation de matériel militaire par les ravisseurs. L’organisation appelle à ce que les auteurs soient traduits en justice dans le respect des droits fondamentaux.

L’APDHT a également dénoncé la gestion opaque de l’exploitation des ressources naturelles dans la province. L’absence de consultation des populations locales, la militarisation des sites miniers et les retombées minimales pour les communautés sont autant de facteurs alimentant les tensions. « Les ressources du Tibesti doivent profiter à ses habitants avant tout », a affirmé l’APDHT.

Bien que l’organisation ait salué la libération des otages le 8 octobre grâce à la médiation des autorités traditionnelles et d’une délégation gouvernementale, elle a regretté que l’accord de paix signé à Bardaï le 20 avril 2025, qui prévoyait la suspension des activités minières, ne soit toujours pas appliqué.

L’APDHT a formulé plusieurs recommandations au gouvernement, appelant à une application intégrale de l’accord de paix, à l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les violations des droits humains, et à un dialogue inclusif avec les communautés locales. L’organisation a aussi demandé une exploitation légale et transparente des ressources minières, ainsi qu’un accès accru des organisations humanitaires à la localité.

Enfin, l’APDHT a exhorté le Comité d’autodéfense de Miski et toutes les parties impliquées à faire preuve de retenue et à s’abstenir de tout acte de violence. Elle a également invité les partenaires régionaux et les mécanismes onusiens à suivre de près l’évolution de la situation.

Adoum Noël

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