
Hier 13 octobre, la Formule 1 a annoncé un accord historique avec le Rwanda pour organiser un Grand Prix d’Afrique sur une période de dix ans, marquant ainsi le retour du sport automobile sur le continent après une absence de près de trois décennies. La dernière course en Afrique s’était tenue en 1993 à Kyalami, en Afrique du Sud.
La première édition de ce Grand Prix est prévue pour les débuts des années 2030, et dépendra de l’achèvement d’un nouveau circuit à Bugesera, situé à 40 kilomètres au sud de la capitale, Kigali, à proximité du nouvel aéroport international en construction. Le tracé, d’une longueur de six kilomètres et comportant 17 virages, sera conçu par l’ancien pilote Alex Wurz et le designer Carsten Tilke, avec l’assistance du cabinet DAR. Ce parcours a été spécifiquement élaboré pour tirer parti du relief naturel de la région. Pour accueillir l’événement, le circuit devra également obtenir la certification Grade 1 de la FIA.
Le président rwandais, Paul Kagame, qui a initialement proposé la candidature du pays en 2024, voit cet accord comme une opportunité unique pour stimuler le tourisme, développer les compétences locales et favoriser les entreprises nationales. Il a souligné l’importance de l’événement en évoquant l’existence de « plus de 100 millions de fans à travers l’Afrique ». Stefano Domenicali, le président de la Formule 1, a qualifié cet accord de « moment historique », affirmant qu’il permettrait de faire connaître le championnat sur tous les continents habités.
Malgré l’enthousiasme généré par cette annonce, le projet fait face à des critiques, notamment de la part d’Amnesty International. Felix Jakens, responsable des campagnes au Royaume-Uni, a dénoncé ce qu’il appelle une opération de « sportswashing ». Selon lui, les autorités rwandaises exploitent les événements sportifs pour détourner l’attention de leurs violations des droits humains, incluant détentions arbitraires, torture et répression de la liberté d’expression. En réponse, la Formule 1 a affirmé que le sport « peut être une force positive », suggérant que cet événement pourrait également favoriser une prise de conscience et un changement.
Le Grand Prix d’Afrique au Rwanda représente une avancée importante pour la Formule 1 et un potentiel pour booster l’économie rwandaise. Cependant, le chemin vers sa réalisation sera scruté de près, tant par les passionnés de sport que par les défenseurs des droits humains, alors que le pays navigue entre ambitions sportives et préoccupations éthiques.
Adoum Noël