L’Assemblée nationale sénégalaise a rejeté, ce mardi, le projet de loi de finances rectificative pour 2026, au terme de plus de quatre heures de débats houleux. Un désaveu parlementaire d’autant plus significatif qu’il émane du PASTEF, formation politique au pouvoir et parti du président de l’Assemblée nationale.
Sur les 130 députés présents lors du scrutin, 109 ont voté contre le texte, contre seulement 20 voix favorables. Ce rejet traduit les profondes divergences qui opposent une partie de la majorité parlementaire à l’exécutif, après deux semaines de tensions autour des orientations budgétaires du gouvernement.
Venu défendre le projet devant les élus, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, n’a pas caché son mécontentement. Dénonçant la mauvaise foi de certains parlementaires, il a déclaré que le gouvernement « appréciera désormais la situation ».
Cette décision place l’exécutif face à une équation politique délicate : convaincre sa propre majorité de soutenir ses choix budgétaires. Malgré les appels au dialogue et à la retenue, la fracture entre le gouvernement et les députés du PASTEF apparaît désormais au grand jour.
Akhouane Soussé