
Ce 20 octobre 2026 marque le quatrième anniversaire du « Jeudi noir », une manifestation extrêmement sanglante à N’Djamena et dans plusieurs autres villes du pays, réprimée dans le sang en 2022 par le régime en place. Les manifestants réclamaient la fin de la prolongation unilatérale de la transition politique de 24 mois.
Quatre ans après, le bilan reste flou : le gouvernement dénombre 50 morts qualifiant la manifestation d’insurrection armée, tandis que l’opposition et certaines ONG parlent de plus de 300 victimes, ainsi que de disparitions et d’arrestations massives. La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a, pour sa part, enregistré 128 décès.
Les autorités n’ont toujours pas publié d’enquêtes claires sur les responsabilités de cette répression. En novembre 2023, le parlement de transition a voté une loi d’amnistie générale, protégeant à la fois les manifestants et les forces de sécurité.
Cette mesure est dénoncée par les victimes et l’opposition, qui y voient une institutionalisation de « l’impunité », empêchant toute justice pour les familles des victimes.
Adoum Noël