Dans un communiqué publié suite à deux journées de travaux en Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, le Groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes a annoncé sa décision de ne pas adopter le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 tel qu’il est présenté.

Le PASTEF souligne que cette position ne remet pas en question la nécessité d’une révision budgétaire pour répondre aux nouvelles contraintes économiques. Le refus d’adopter le projet de loi de finances découle de désaccords concernant certains arbitrages budgétaires, les modalités de financement, ainsi que l’insuffisance des garanties fournies au Parlement. Le groupe exprime également son regret que les préoccupations de la majorité parlementaire et les demandes de la Commission n’aient pas été prises en compte comme cela aurait été souhaité. L’Assemblée nationale, selon eux, ne doit pas être perçue comme une simple chambre d’enregistrement, mais comme une institution devant disposer de toutes les informations nécessaires à l’exercice de ses responsabilités.

Le PASTEF réitère son engagement à dialoguer avec l’exécutif, sous certaines conditions. Parmi celles-ci, la préservation de l’investissement public et des priorités sociales. Le groupe souhaite que les coupes budgétaires ne touchent pas des secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique et les infrastructures. Ils proposent également que les ajustements budgétaires soient concentrés sur les dépenses non essentielles.

En matière de politique énergétique, le PASTEF insiste sur la nécessité de protéger le pouvoir d’achat des ménages. Toute réduction des subventions énergétiques devrait s’accompagner d’allégements fiscaux sur les produits pétroliers et des coûts de production d’électricité, sans augmenter les prix pour les consommateurs.

Le groupe parlementaire demande également une transparence totale concernant les 120 milliards FCFA du Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP). Il exige la transmission des accords avec la Banque mondiale, ainsi que des informations précises sur l’origine et l’affectation des ressources budgétaires.

En ce qui concerne les finances de l’État, le PASTEF appelle à la réduction du train de vie gouvernemental et à un meilleur encadrement des fonds spéciaux. Une rationalisation du secteur parapublic est également préconisée, avec la suppression de 19 entités en vue de réaliser des économies budgétaires.

Enfin, le PASTEF plaide pour la sincérité budgétaire et une transparence accrue sur la dette de l’État. Ils exigent des justifications claires concernant les déficits projetés pour 2026 et 2027 et demandent à voir les rapports d’audit concernant la dette non financière.

Le groupe conclut en affirmant que les décisions touchant aux finances publiques doivent être accompagnées d’une information complète et soumise au contrôle du Parlement. Ils se disent ouverts au dialogue avec le gouvernement avant la séance plénière, afin d’atteindre un consensus.

Le PASTEF insiste sur le fait que le redressement des finances publiques ne doit pas se faire au détriment du pouvoir d’achat des Sénégalais ni compromettre les investissements nécessaires pour l’avenir du pays. Leur objectif est d’établir un budget transparent, sincère et soutenable, qui protège les Sénégalais aujourd’hui tout en garantissant les capacités de développement du Sénégal demain.

Aché Djasbé

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