Ancienne colonie française, le Tchad a été proclamé « pays indépendant et souverain » le 11 août 1960 par le président François Tombalbaye.

Dans la cité capitale, un impressionnant défilé militaire, incluant des démos pédestres de toutes les unités, parmi lesquelles la Police nationale (communale et judiciaire), les gendarmes, les gardes nomades, les militaires, ainsi que les enfants de troupe, a eu lieu en présence du Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, vêtu de son uniforme de Maréchal, accompagné du Président de la Refondation de Madagascar, le Colonel Michaël Randrianirina, et du Président de la Transition de Guinée-Bissau, le Général Horta N’Tam, ainsi que des différents corps constitués.

Hier, il s’est adressé à la nation, soulignant la grâce présidentielle des prisonniers condamnés. Il a également évoqué l’amélioration des conditions de vie des tchadiens, soulignant à rétablir l’électricité, l’eau et bien d’autres.

Dès son indépendance soit 66 ans après, le Tchad, sous la direction de François Tombalbaye, fait face à une révolte dans le centre du pays en 1965. La rébellion du FROLINAT, née de la marginalisation des «populations nordistes», marque le début d’une longue période de conflits.

Après l’assassinat de Tombalbaye en 1975, les tensions s’intensifient. Les factions du FROLINAT se battent pour le pouvoir, tandis que la Libye de Mouammar Kadhafi s’engage militairement. En 1979, l’État s’effondre et N’Djaména devient le théâtre de violents affrontements.

Hissène Habré prend le pouvoir en 1982 avec le soutien de la France et des États-Unis. Son régime est marqué par une répression violente orchestrée par la police politique DDS. La guerre avec la Libye pour la bande d’Aozou dure jusqu’à la décision de la Cour internationale de justice en 1994.

En 1990, Idriss Déby Itno renverse Hissein Habré. Le multipartisme est instauré, mais les rébellions continuent, alimentées par des rivalités ethniques et régionales. L’exploitation pétrolière à partir de 2003 n’apaise pas les tensions, et des offensives rebelles atteignent N’Djaména en 2006 et 2008.

La montée de Boko Haram autour du lac Tchad pousse l’armée tchadienne à intervenir dans les pays voisins notamment au Nigéria, au Cameroun et au Niger, faisant du Tchad un acteur militaire clé dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, tout en luttant contre ses propres fragilités internes.

Le décès du Maréchal Idriss Déby Itno en 2021, lors d’affrontements avec le FACT, ouvre une nouvelle phase d’incertitude.  Mahamat Idriss Déby Itno prend la tête d’un Conseil militaire de transition, provoquant contestations et «manifestations réprimées» le 27 avril 2021 plutard 20 octobre 2022. Le pays est passé de transition vers le retour à l’ordre constitutionnel notamment par des élections présidentielles, législatives, provinciales, communales et sénatoriales.

En 66 ans, le Tchad a traversé des «coups d’État», la guerre civile, les conflits intercommunautaires et une instabilité politique marquée par les « arrestations des opposants » en 2025 et 2026 notamment le N°2 aux élections présidentielles Succès Masra condamné à 20 ans de prison ferme sur l’affaire Mandakao et les huits leaders de l’ex Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) qui ont écopé 8 ans de prison après avoir appelé à la marche pacifique. Ces prisonniers condamnés espèrent une grâce présidentielle annoncée hier par le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno dont la liste n’est pas encore dévoilée.

Adoum Noël

Partagez sur